Adios Bolivie

La dernière fois que vous avez entendu parler de moi, nous étions toujours en Bolivie, et avions découvert un coin de paradis en la petite ville de Samaipata, dans les montagnes. Nous avons définitivement aimé notre séjour là, mais étions un peu appréhensifs face à ce qui nous attendait à La Paz, la plus haute capitale du monde…

Notre route nous a ramenés à Santa Cruz par taxi, puis directement à l’aéroport pour attraper le vol de 7 pm à La Paz. Nous sommes arrivés autour de 4 pm, pour nous faire dire que le départ avait été retardé à 8:30 pm, sans raison apparente autre que c’est la Bolivie. Alors nous avons passé le temps du mieux qu’on pouvait en se bourrant la face de brioches à la cannelle de chez Cinnabon pour le souper (c’était génial!), puis en se rendant sur la terrasse d’observation de l’aéroport pour regarder les avions arriver et partir. Ces terrasses ont toutes disparu en Amérique du Nord (pour des raisons de sécurité j’imagine), alors c’était plaisant d’en voir une qui avait survécu ici. 

Nous sommes éventuellement partis sur un jet régional Bombardier (qui est un avion très agréable à voler), et seulement une heure plus tard, nous sommes atterri à El Alto, la banlieue poussiéreuse de La Paz, sur le plateau à quelques 4,100 m au-dessus du niveau de la mer. C’était un choc, après le climat tropical que nous avions quitté seulement quelques minutes avant. L’air de fin de soirée était mince et glacé, et le petit aéroport ressemblait à une ville fantôme. On a réussi à trouver un taxi qui nous a amenés en ville (qui était aussi étrangement déserte), et nous avons été plaisamment surpris de découvrir que le chauffage de notre chambre d’hôtel fonctionnait très bien. Nous sommes tous tombés endormis peu après, fatigués par cette longue journée de voyage.

La Paz historique

Nous avons été réveillés aux aurores par le bruit du trafic dehors, les bus tentant de gravir la côte, les chauffeurs agressifs klaxonnant, et nous sommes rendu compte que nous avions fait une erreur dans la location de notre hôtel. C’était un peu trop près de l’action, et il y avait un flux incessant de bus, autos et taxis alignés directement sous notre fenêtre, tous tentant de se rendre à une sorte de terminus improvisé au coin de la rue. Incapable de nous rendormir, nous sommes montés déjeuner, et de la salle à manger avons eu notre premier aperçu de la ville sous le soleil. La ville est située dans une vallée -comme un bol- entre les montagnes, et c’est vraiment impressionnant.

Les rues de La Paz

Encouragés par ce que nous voyions, nous avons fini de manger et sommes sortis explorer à pied. Ça nous a rapidement rappelé notre séjour en Inde et au Sri Lanka, où traverser la rue était un jeu du plus fort avec le trafic. Les autobus et taxis dont je vous parlais plus tôt se bousculaient maintenant  pour se positionner autour du rond-point/ terminus d’autobus, et vous devez jouer à crossy-road pour traverser. Inutile de préciser, les enfants n’appréciaient pas. Quelques choses dans l’altitude ne leur faisaient pas bien, et ils semblaient nous en vouloir de les avoir amenés dans cette place ressemblant à un Delhi sans oxygène. Notre avancée était lente et laborieuse, mais éventuellement nous avons découvert des vues intéressantes, et nous nous sommes baignés dans le soleil comme des lézards sur un rocher.

Les fameux telefericos

Après un voyage aller-retour dans le teleferico rojo (ce sont ces fameux téléphériques pour lesquels la cité est connue), nous en avions pas mal assez, et sommes retournés à l’hôtel pour relaxer. En ouvrant la porte de notre chambre, nous avons été accueillis par une bouffée de chaleur- les fenêtres étant face au nord, elles avaient laissé entrer le soleil toute la journée et ça avait réchauffé la pièce juste sous le point d’ébullition. Pour empirer les choses, la chambre était remplie de meubles volumineux et inutiles, mais il n’y avait pas une seule chaise où s’asseoir, alors tout ce que nous pouvions faire c’était s’installer sur nos lits et suer. En ajoutant le bruit de la rue, c’était évident que nous devions changer de chambre. Heureusement, l’hôtel n’était pas plein, alors après avoir expliqué la situation dans un espagnol sommaire au gérant, il a accepté de nous déménager au fond de l’hôtel, ce qui était super vu que c’était plus frais et tranquille. L’ironie c’est que nous pensions que nous allions nous les geler à La Paz, mais en fait ce fut le contraire.

Valle de la luna

Notre deuxième et dernier jour à La Paz s’est passé à explorer les environs. Nous avons dû marcher à une bonne distance du chaos entourant notre hôtel pour appeler un Uber qui allait nous amener à l’extérieur de la ville, à la Valle de la luna, une attraction avec des formations rocheuses intéressantes. Le site en lui-même n’était pas si excitant, mais c’était plaisant d’échapper à la folie de la ville. Nous nous promenions dans le parc sous le soleil qui nous réchauffait encore une fois. Nous nous sommes ensuite rendu dans une partie de la ville appelée Zona Sur, où les expats et diplomates vivent et sortent, mais que peu de touristes semblent connaître. C’est plein de petites boutiques, restaurants, cafés et vendeurs de crème glacée. Nous avons pris un délicieux lunch dans un café, puis avons marché à la station du teleferico verde en passant par le mall, où nous avons découvert l’autre moitié de la population de La Paz (ceux qui n’étaient pas pris dans le trafic) en train de manger au food court.

On a pris deux telefericos pour revenir dans notre coin, et c’est une façon incroyable de se déplacer en ville. Ils sont faits en Suisse, moderne, sécuritaire, silencieux, pas cher, et la vue bât n’importe quel système de métro! Vous glissez simplement en silence au-dessus de la ville, et vous pouvez choisir entre regarder en bas la ville vacant à ses occupations, ou vers l’horizon où les magnifiques pics enneigés de la Cordilliera Real s’élèvent au bout de la vallée. D’une façon ou de l’autre, c’est fascinant.

Copacabana, sur la rive du Lac Titicaca

La journée suivante nous devions nous lever tôt pour attraper le bus pour Copacabana, sur les rives du Lac Titicaca. Ça a pris une heure juste pour ramasser tous les passagers à leurs divers hôtels (c’était un bus touristique appelé Bolivia Hop). Nous avons ensuite eu un trajet de trois heures sur le plat altoplano jusqu’au bord du lac. Là, nous avons dû traverser une courte étendue d’eau pour nous rendre sur la péninsule où Copacabana est située. Les passagers doivent débarquer, l’autobus est transporté sur un radeau, pendant que les passagers traversent dans un petit bateau avec les locaux (et leur cargo!). Une fois de l’autre côté, le bus continue pour un autre 45 minutes jusqu’à Copacabana. La ville n’a aucune ressemblance avec la ville du même nom au bord de la mer au Brésil, si ce n’est qu’elle est à côté d’une étendue d’eau. Ce petit hameau endormi est pas mal le stop de chaque backpacker se rendant au Pérou, et je peux comprendre pourquoi: c’est une place très jolie, avec beaucoup de bons endroits où dormir et manger.

Las Olas villas, Copacabana

Nous sommes restés dans une place appelée Las Olas (merci pour le tuyau, Annie!) et c’était vraiment spécial. Chaque petite hutte était faite individuellement d’adobe et de bois, et l’architecture était très étrange, mais ça marchait! Il y avait aussi de grandes fenêtres donnant sur le lac. Le seul côté négatif était que les huttes n’étaient pas isolées, et la nuit la température ici descend rapidement sous zéro. Heureusement, notre hutte avait un petit foyer à bois prêt à être utilisé. Alors nous avons allumé le feu et en l’espace d’un moment nous étions confortables. Disons que ce fut difficile de sortir du lit le lendemain matin, sans feu pour réchauffer la pièce.

La vue depuis notre villa à Las Olas

Pour notre dernière journée en Bolivie, on a passé la matinée à relaxer, puis nous sommes allés faire un tour de bateau sur la Isla del Sol, ce qui était un tour aller-retour de 3 heures, avec une heure sur l’île. Il n’y a pas grand-chose à voir sur l’île, mais le panorama du lac et des montagnes en valait la peine. Le lac est tout simplement gigantesque, et il brillait d’un bleu profond sous la lumière de la haute altitude.

Mes préconceptions sur le lac étaient complètement fausses- je m’attendais à ce qu’il soit froid, nuageux, et un peu misérable, mais finalement c’était complètement l’inverse. C’est drôle comment ça arrive. J’imagine que la même chose pourrait s’appliquer à la Bolivie au complet; nous n’avions pas beaucoup d’attentes, mais nous avons finalement vraiment apprécié notre temps ici, beaucoup plus qu’en Argentine. Les gens ici sont beaucoup plus sympathiques, honnêtes et aidants et nous nous sommes sentis totalement en sécurité ici, même dans le chaos du centre de La Paz. Merci Bolivie pour un séjour merveilleux. Je suis pas mal sûr que nous reviendrons…

Isla del Sol

À 5 pm, nous sommes embarqués dans un autobus de nuit direction Cusco, Pérou. C’était une aventure en soi que je vous raconterai dans mon prochain post sur le Pérou. Gardez l’oeil ouvert!

One thought on “Adios Bolivie

Leave a comment