Nous avons passé seulement trois jours à Salta, dans le nord de l’Argentine. C’est un gros changement par rapport à notre plan original d’y rester six semaines! Pourquoi ce changement de plan? Bien, j’imagine qu’étant sur la route depuis un bon bout, le goût du changement vient plus vite, et nous trouvions qu’il y avait beaucoup d’autres choses à découvrir en Amérique du Sud. Alors nous avons ajouté un pays à notre liste: la Bolivie!

Mais revenons à Salta… Nous avons décidé de voler jusqu’à Salta, puisque le trajet de 21 heures en autobus ne semblait pas être vraiment amusant. Nous avons réussi à économiser pas mal sur les billets d’avion en Asie, alors nous avons décidé de nous gâter cette fois. Le vol de 2 heures, cependant, s’est révélé plus chaotique qu’une route de gravier de Namibie. Il y avait tellement de turbulences que l’équipage n’a pas réussi à dépasser la rangée 10 avec leur chariot-repas. Heureusement pour nous, on était assis à la rangée 2 🙂 Nous étions assez soulagés d’atterrir à Salta, puis le soleil est apparu. C’est un climat très plaisant, l’air est chaud et sec puisque Salta est située aux pieds des Andes, environ 1200m au-dessus du niveau de la mer.

Après avoir laissé nos choses dans notre petit appartement Airbnb près du centre de la ville, nous sommes sortis explorer (et acheter à manger pour le souper). Le centre de Salta a une ambiance de village, même si, vue de haut, on s’aperçoit que c’est en fait une grosse ville. Le centre de Salta est un labyrinthe de rues à sens unique, où les conducteurs jouent à qui arrêtera en premier aux croisements, et les piétons doivent naviguer au travers de ce champ de bataille à leurs risques et périls. Mais ça semble fonctionner, puisque l’incessant trafic ne semble jamais bloquer, et que nous ne nous sommes pas fait écraser. Il y a quelques monuments principaux autour de la ville, comme le Convento de San Bernardo, un couvent historique, la Iglesia San Francisco avec ses tours impressionnantes, et bien sûr la Basilica de Salta, sur la plaza 9 de Julio (en passant, c’est quoi cette idée des latinos de nommer les choses avec des dates?). Après avoir erré autour des rues marchandes, nous sommes arrivés à un supermarché qui était bizarrement vide, mais ça a tout de même pris un temps fou pour passer à la caisse. Un autre mystère de l’Argentine… Le soleil s’était couché derrière les montagnes, et ça devenait frisquet. Nous sommes retournés à notre confortable petit appartement avec nos emplettes.

Le jour suivant, nous sommes allés grimper le cerro de San Bernadino (oui, encore lui!). C’était une agréable marche au travers d’un boisé, et le soleil nous réchauffait. Nous avons vu plusieurs nouvelles espèces d’oiseaux, incluant de beaux colibris multicolores et un pic-bois à tête rouge. En haut de la montagne, nous avions une vue incroyable sur la ville et les montagnes aux alentours. Par ici, pas besoin d’aller loin pour trouver de l’escalade de montagne sérieuse (mais pas pour nous, évidemment!) Après un petit repos au sommet, nous sommes retournés en ville, avons mangé des empanadas pour le lunch, et sommes allés visiter l’autre attraction majeure de Salta: le MAAM (Museum of High Altitude Archaeology). Ce petit musée a des habitants inhabituels, soit trois momies d’enfants incas qui ont été trouvés enterrés dans un site au sommet d’une montagne des alentours (à une altitude de 6700 m). C’était des enfants de familles nobles Inca, et ils ont été enterrés vivants en sacrifice, après avoir reçu un breuvage alcoolique pour les endormir. Inutile de dire que Greg et Nina ont trouvé ça un peu déconcertant, mais ont tout de même été très intéressés. Après le musée nous avons entrepris une ultime recherche infructueuse pour trouver un endroit où échanger notre argent en ville, avant d’abandonner et retourner à l’épicerie où c’est possible d’acheter avec une carte de crédit (en autant que vous présentiez une carte d’identité).

Notre deuxième et dernier jour complet à Salta s’est passé sur la route dans la campagne. Nous voulions aller voir les montagnes colorées qui sont à 200 km au nord de la ville. Après quelques hésitations, nous avons finalement eu une auto à 10h am et sommes partis sur la route. Les routes argentines sont un peu mixtes – quelques autoroutes décentes mélangées avec des sections de chemins horribles pleins de nids de poule. Sophie conduisait puisque mon permis de conduire a expiré en mai, et je n’ai pas pu le renouveler depuis l’extérieur du pays. Elle était un peu nerveuse, mais a fait un excellent boulot en nous gardant sur la route (et en sécurité!).

Une fois sorti de la ville, c’était beaucoup plus facile, et nous nous sommes rendus dans le village poussiéreux de Purmamarca, qui est pas mal entièrement fait pour les touristes. Nous sommes sortis de la voiture et avons marché jusqu’à la plaza, où les vendeurs locaux étaient installés, proposant ponchos colorés, tuques de laine, et autres. Il y avait plus de vendeurs que de touristes, mais ils n’étaient pas du tout harcelants. Nous avons trouvé un café sur la plaza et nous sommes assis au soleil. Le ciel était bleu profond, et le soleil nous chauffait comme des lézards sur une roche.

Après un café et des empanadas, nous sommes allés monter une colline d’où on avait un beau point de vue. Un gars entreprenant y a installé une barrière, et vous devez payer 5 pesos chaque pour passer. C’est de bonne guerre, je dirais. Et ça vaut la peine, car la vue sur les montagnes des alentours est spectaculaire – des strates de roches rouges, vertes, roses, mauves toutes superposées et pliées à angles abrupts. La nature à son meilleur! Nous nous sommes questionnés si nous allions plus loin sur la route, mais l’après-midi étant déjà bien entamée, et nous ne voulions pas devoir conduire de nuit, alors nous sommes retournés vers la maison. J’ai stupidement proposé un “raccourci” pour ensuite découvrir que la Route 11, comme indiqué sur Google Maps, se changeait en un chemin de terre après environ 10 km, alors nous avons dû faire demi-tour. Nous avons eu quelques défis supplémentaires en passant sur un dos-d’âne non signalé et en zigzaguant entre chevaux et chiens errants. C’était hors des sentiers battus d’Argentine!

Nous avons décidé de nous gâter pour notre dernière soirée en Argentine, et nous sommes retrouvés dans un restaurant argentin ayant de bonnes critiques. À 7:30 pm, nous étions les premiers clients. Ils mangent tard ici. Nous avons essayé le locro, un genre de ragoût, et bien que ce soit bien rassasiant, c’était plein de bouts de gras et pas si délicieux. Nous avons dépensé nos derniers pesos sur ce repas médiocre, et ça résume pas mal l’Argentine: tout y est, disons, un peu médiocre, et vous n’avez pas l’impression d’en avoir pour votre argent ici. Tout coûte cher, incluant les denrées de base comme le pain et la viande, et les importations sont totalement inabordables. Cependant nous avons seulement touché à la surface du pays, et je suis sûr qu’avec assez de temps (et d’argent), on peut apprendre à l’aimer.
One thought on “Un court arrêt au nord de l’Argentine”