Après un mois agréable et relaxant en Nouvelle-Zélande, nous avons dû dire au revoir et repartir sur la route. Nous sommes partis de Rotorua en fin de matinée de ce qui allait être un extralong 31 mai. Nous avons conduit doucement le long de la côte est de l’Île du Nord, à travers une campagne luxuriante remplie de vignobles, fermes d’agrumes et d’avocats. Le paysage est hypnotisant tellement c’est beau, et ça vous donne envie de tout vendre et de venir vous installer ici au plus vite! Si seulement ce n’était pas si loin, et si le prix des maisons n’était pas si élevé… Enfin, peut-être que nous reviendrons dans quelques années. Nous avons déjà trouvé notre maison de retraite dans la petite ville tranquille de Thames, dans l’estuaire du fleuve Thames, pas loin d’Auckland, et prêt de la forêt sauvage de Coromandel. Oui, ça pourrait être une place pour nous quand nous serons vieux.
Nous avons mangé un fish and chips fraîchement pêché sur le quai, à l’extérieur, dans le soleil d’hiver, avec seulement nos T-shirts (l’hiver prend un nouveau sens ici, plus sympathique), puis c’était le temps de se diriger vers l’aéroport. Notre vol pour Buenos Aires est parti à l’heure à 8:05 pm le 31 mai, et est arrivé à 4:55 pm le… 31 mai! Oui, nous avons voyagé dans le temps vers le passé, LOL! Inutile de préciser que les enfants ont trouvé cela fascinant. Le vol durait environ 12 heures, et a été assez confortable, pourvu qu’on ne pense pas trop à où nous nous trouvions – loin au-dessus la partie sud de l’océan Pacifique, environ aussi près de l’Antarctique que l’on peut l’être dans un vol commercial, je pense. En espérant que l’on n’aura pas besoin d’y faire un arrêt d’urgence…

De toute façon nous n’avons pas eu de problème, et nous sommes arrivés à BA entiers, mais fatigués. Notre bonne vieille application Uber a bien fonctionné, et une voiture nous a amené jusqu’à notre appartement dans le quartier de Palermo. La vue depuis l’auto n’était pas trop inspirante, puisque nous sommes passés au travers de quartiers sombres et délabrés, avec des voitures abandonnées et des déchets jonchant les rues. Nous sommes restés pris dans un bon bouchon de circulation causé par un feu de signalisation défectueux. Plus d’une heure plus tard nous sommes finalement arrivés à notre logement, et le portier nous attendait pour nous laisser entrer. Notre appartement est au 8e étage d’un vieil édifice, et l’ascenseur est l’un de ceux où tu dois fermer les portes extérieures et intérieures manuellement avant qu’il ne se mette en marche, et tu espères seulement qu’il ne restera pas coincé, parce qu’il n’y a aucun téléphone/ bouton/ cossin d’urgence.

L’appartement était glacial puisque le chauffage avait été fermé. Notre portier a passé un bon 10 minutes à faire partir la chaufferette au gaz, mais ça n’a pas beaucoup aidé pour la première nuit. Nous avons décidé de sortir trouver quelque chose a manger. Notre quartier est rempli de cafés et restaurants, et nous étions un peu dépassés par le choix. Nous avons fini par entrer dans une boulangerie pour acheter des empanadas et du pain, et avons eu notre premier choc sur les prix en Argentine – une petite miche de pain blanc était 50 pesos (près de CAN$5!). Pas de bonnes affaires à trouver ici j’ai pensé. Une autre chose qui est apparue clairement est que notre espagnol était pitoyable, malgré que nous ayons fait nos leçons sur Duolingo tous les jours pendant les dernières semaines. Enfin, ça pourra juste s’améliorer, non?

Alors, nous voilà, cinq jours plus tard, ayant réussi à accomplir plusieurs tâches avec notre espagnol très limité: acheter une carte SIM et la recharger avec de l’argent, acheter une carte de SUBE (Métro), et la charger avec de l’argent, et l’utiliser dans le métro, commander aux cafés (pas mal par essais-erreurs!). Une chose que nous avons découverte est que la vie ici pouvait être plutôt contre-intuitive, et tu finis souvent par te demander “pourquoi?” Mais une fois que tu as compris le système, ça va.

Les Portenos (habitants de Buenos Aires) sont, de façon surprenante, très retenus et inexpressifs. Je suppose que des années d’oppression et de problèmes économiques finissent par rendre les gens ainsi. Avant d’arriver, nous avions entendu de mauvaises histoires d’autres voyageurs ayant subi des vols, etc., et il faut avouer qu’il y a une grosse présence policière dans les rues et places publiques, alors la criminalité est définitivement un problème ici. Mais les gens sont plutôt sympathiques, et on nous a offert de l’aide spontanément à plus d’une occasion.

Voyager par le métro est une bonne façon d’observer les locaux dans leur élément. Il y a plusieurs choses excitantes qui se passent dans les trains ici: vendeurs de kleenex et petits gadgets. Ils vont faire un petit speech, puis traverser le wagon et placer les items sur tes genoux si tu es assis. La plupart des gens laissent juste l’objet là, et le vendeur le ramasse par la suite, mais quelques personnes vont l’acheter, principalement pour l’encourager, je crois. Puis il y a les musiciens ambulants: ils entrent dans le wagon avec leur guitare et leur ampli, et vous avez droit à du grunge des années 90 ou des chansons de crooner latino, que vous aimiez ça ou non. Une fois, un musicien a reçu une ronde d’applaudissements par les passagers du métro, et plusieurs dons ont été faits. C’était plutôt touchant, et ça ne s’est pas répété dans aucun métro que j’ai pris par la suite.

Nous avons maintenant visité pas mal la ville, à pied et par métro, et on apprend à l’apprécier. Même si ce n’est pas une destination familiale, il y a tellement de parcs et espaces verts, de larges boulevards avec des statues impressionnantes aux jonctions, qu’il est impossible de se sentir claustrophobique ici. Il y a beaucoup d’espace pour respirer, et quand le soleil sort, la ville brille.
Demain, nous partons pour Salta, dans le nord du pays, faisant lentement notre chemin vers les Andes. C’est à suivre!