Dans cette série d’articles, je vais vous raconter nos aventures et tribulations vécues pendant nos 20 jours au Sri Lanka.
Jour 1 – Colombo
Arriver à Colombo depuis Delhi fut un changement beaucoup plus dramatique que ce à quoi je m’attendais. Nous avons appelé un Uber X pour nous amener à notre hôtel de Colombo, qui était assez loin de l’aéroport. Notre Uber était une Prius, comme l’étaient la majorité des taxis à l’aéroport. Il semble que le Sri Lanka est l’endroit où les vieilles Prius japonaises viennent mourir. Nous sommes arrivés tôt en soirée, et l’air était clair et chaud, juste plaisant. Comme le taxi entrait sur l’autoroute moderne payante double voie, je me suis dit wow!, on va pouvoir relaxer ici après le chaos de l’Inde. Il s’avère que voyager au Sri Lanka n’est pas aussi simple que l’était notre arrivée à Colombo en Uber…
La première leçon apprise est de ne pas faire confiance aux commentaires en ligne sur les hôtels et guest houses. Moins de 10-20 commentaires, et vous ne pouvez pas vraiment avoir une bonne idée si la place est adéquate ou non. Les gens semblent prêts à tourner les coins ronds pour ne pas offenser, ou peut-être que la place est un trou mais le propriétaire est vraiment gentil alors vous ne voulez rien dire de négatif…
Notre première nuit à Colombo nous sommes restés dans le pompeusement nommé (ce sera un thème récurrent!) Ocean View Apartments, qui est en fait situé dans une ruelle, en haut de marches périlleuses. Pour être juste, on pouvait actuellement voir l’océan si on sortait sur le petit balcon, ce n’était pas de la fausse représentation. Nous avions une “suite” à 2 chambres, avec cuisine et un salon entre les chambres. Il y avait un frigo et poêle à gaz, connecté à un gros cylindre de propane placé au milieu de la cuisine! Pas besoin de spécifier que l’on n’y a pas touché. Une des chambres n’avait pas d’air conditionné – c’était brisé, alors la pièce était chaude comme un four (les enfants ont par hasard hérité de celle-ci…). La climatisation fonctionnait dans l’autre chambre, mais l’unité était placée juste au-dessus du lit et envoyait de l’air froid directement sur nous alors que nous étions étendus sous un mince drap (c’est tout ce qu’il y avait). Dans le milieu de la nuit, nous étions tous les deux gelés, alors j’ai tenté de fermer la clim, mais n’arrivais pas à trouver la télécommande, et il n’y avait pas d’interrupteur sur la machine. Après quelques minutes de recherches futiles dans le noir pour la télécommande, j’ai décidé que la seule solution était de fermer le disjoncteur, mais j’ai seulement trouvé le breaker principal, qui éteignait tout, incluant le frigo (contenant du lait pour le petit déjeuner), et les prises électriques où nos différents appareils électroniques étaient à la charge. J’ai donc dû abandonner ce plan et nous nous sommes blottis l’un contre l’autre pour nous tenir chaud jusqu’au matin.
JOUR 2 – GALLE
Nous étions debout tôt le matin (pas eu beaucoup de sommeil), et l’activité suivante était de manger nos céréales à tour de rôle – il y avait seulement 2 bols, et encore mieux, Sophie et moi avons dû boire nos thés un après l’autre puisqu’il n’y avait qu’une seule tasse!
Après le déjeuner nous n’avions pas envie de nous éterniser sur place, alors nous avons refait nos sacs et quitté pour prendre un autobus pour Galle, notre prochaine destination. Uber est encore une fois venu à notre secours et nous avons filé à toute allure dans le confort de l’air conditionné jusqu’à la station d’autobus en banlieue de Colombo, près de l’autoroute. Nous nous sommes retrouvés dans un bel autobus climatisé, mais malheureusement, les seuls sièges groupés disponibles étaient tout au fond, donc c’est là que nous nous sommes assis. Éventuellement, tous les autres sièges ont été occupés, et le seul siège encore libre était à côté de moi. C’est alors que ce petit homme est apparu et s’y est assis. Il sentait le fond de tonne. Jackpot! L’autobus est parti pour son voyage de 2 heures, et nous nous sommes rapidement retrouvés sur l’autoroute, roulant à vive allure. Le gars à côté de moi a posé sa tête sur son sac à dos qui était sur ses genoux, et est rapidement tombé endormi. Avant longtemps sa tête a commencé à se balancer, et la bataille a débuté, durant jusqu’à la fin du voyage, entre moi et le gars assis de l’autre côté du soûlon. Ça se passait comme suit: l’ivrogne tombe sur mes genoux – je le pousse de l’autre côté – il tombe sur l’autre gars – l’autre gars le repousse vers moi, et ainsi de suite, comme une joute de ping-pong, pour les 2 heures suivantes. À un certain moment, je me suis juste tassé, et sa tête a presque cogné le plancher de l’autobus avant qu’il ne se réveille en sursaut, seulement pour retomber endormi la minute suivante. Sophie et les enfants ont trouvé tout ça terriblement amusant, évidemment. Inutile de préciser, pour moi ce fut un très LONG trajet d’autobus.
Pas assez vite à mon goût, l’autobus est arrivé à la station de Galle, localisée juste à l’extérieur des murs anciens du fort. Notre guest house était, selon Google Maps, a moins de 950m d’où nous étions, alors nous avons décidé de marcher plutôt que de prendre 2 tuk-tuks (nous avons trop de bagages pour entrer les 4 plus nos sacs dans un seul). Comment cela pouvait-il mal aller? Nous avions décidé il y a longtemps que nous ne voulions pas de sacs à dos pour le voyage, alors nous avons des valises ordinaires sur roues. La mienne est une vieille Samsonite en tissu avec deux grosses roues, desquelles les “pneus” en caoutchouc ont depuis longtemps disparu, laissant seulement des petites roues en plastique dur qui font beaucoup de bruit si passez par des rues en pavées ou pleines de trous. Nous nous sommes rendus environ à mi-chemin vers la guest house, à l’intérieur des murs du fort, entourés de nombreux touristes, et aussi beaucoup de locaux. C’était l’après-midi et le soleil commençait à nous chauffer pas mal. Puis est arrivé un bout de rue en pavé, où les véhicules n’étaient pas permis, et j’ai pensé Comme c’est civilisé, une rue piétonne! et nous avons roulé nos valises par là. Une foule s’entassait à l’entrée de l’édifice à notre droite. “Il doit y avoir un match de cricket qui joue” me suis-je dit. On a continué à marcher. Mon sac faisait un vacarme d’enfer sur les pavés du vieux fort. Les gens nous regardaient, et pas de manière amicale. Puis un policier m’a arrêté et m’a dit “La cour est en pleine session, vous devez faire le silence!” J’ai alors compris ce que tous les gens regardaient – un verdict important était en train d’être lu dans le tribunal, qui n’avait pas de portes et, semble-t-il, pas de climatisation non plus puisque toutes les fenêtres étaient grandes ouvertes également. Sophie et les enfants avaient continué à marcher et étaient maintenant sortis de la zone pavée. Le policier m’a alors fait signe de transporter ma valise jusqu’au bout de la rue, qui n’était pas si longue à vrai dire, mais à ce moment, après l’autobus et la chaleur, j’en avais assez. J’ai platement refusé de transporter mon sac, et à la place, j’ai ralenti le pas au maximum. Le policier m’a juste regardé avec une expression signifiant “espèce d’ordure de touriste ignorant!”. Je n’en avais rien à foutre. Juste continuer à marcher. Peu après nous avons trouvé avec soulagement notre guest house, le Inn 64. Je précise que lorsque nous avons quitté la place le lendemain, nous avons pris deux tuk-tuks comme les touristes normaux. 🙂

Galle est une jolie place tranquille, mais son charme est un peu rompu par les hordes de touristes partout. Mais je comprends pourquoi ils y viennent par autobus entiers – plein de rues relativement tranquilles à parcourir, ainsi que les remparts du fort, largement intacts, où vous pouvez marcher et admirer l’océan tout autour. Même les marchands ambulants sur la rue sont plutôt dociles, à part la vieille dame près du phare à qui nous avons dû acheter un bracelet de coton pour nous en débarrasser. Après le lunch nous sommes allés plonger dans l’océan indien – une première pour Sophie et les enfants. L’eau était aussi chaude qu’un bain!

En soirée nous avons fait la classique promenade le long des murs, avec le million d’autres touristes. Mais les remparts sont assez gros pour ne pas se sentir claustrophobe. Nous avons regardé jalousement les groupes de jeunes backpackers qui avaient réussi à trouver un magasin d’alcool et amené quelques bières froides à boire en admirant le coucher du soleil. La partie intra-muros de Galle est principalement musulmane, alors la consommation d’alcool n’est pas encouragée, c’est le moins qu’on puisse dire. Plusieurs restaurants avaient des pancartes: Pas de porc, Pas de boeuf, Pas de bière. J’avais envie d’ajouter: Pas de fun.
Notre nuit au Inn 64 a été confortable, puisqu’on avait le luxe d’avoir une chambre séparée avec des lits superposés pour les enfants. Le propriétaire était extrêmement sympathique et aidant. Il nous a demandé d’où on venait, et Sophie lui a répondu. Il a alors ajouté “Ah, Canada! Notre voisin était canadien. Il est mort il y a quelques jours.”, ce a quoi elle a répondu “Humm…” Ce jour-là j’ai commencé un jeu avec les enfants, à chaque fois qu’on nous demandait “Where from?” (“D’où venez-vous?”), nous devions répondre un pays différent. Sophie, cependant, ne voulait pas jouer parce qu’elle préférait entendre à chaque fois l’histoire du Canadien qui est mort, ce qu’elle a eu plusieurs fois ce jour-là.

J’aurais aimé dire que nous avons bien dormi, mais il semble toujours y avoir quelque fichu évènement l’empêchant. Cette fois-ci c’était.. Des singes sur le toit! Et oui, à Dieu sait quelle heure du petit matin, un groupe de singes a décidé de faire la fête sur notre toit, qui n’était qu’une simple feuille d’acier corrugué. On pouvait donc entendre chaque damné pas qu’ils faisaient. Ils ont fait une courte pause vers 4 am, avant de recommencer de plus belle. Puis, juste avant le lever du soleil, s’est fait entendre l’appel à la prière du muezzin. Après nos séjours au Qatar et en Inde nous étions habitués à ce rituel, mais ce matin-là il n’était pas vraiment bienvenu (quoique plutôt mélodique en même temps).
Je ferais mieux de terminer cet article ici. Revenez bientôt pour plus d’aventures au Sri Lanka!